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L'attaque aux ciseaux contre une écolière voilée «n'a pas eu lieu», dit la police

15/01/2018 17:21

La police de Toronto a indiqué lundi que l'histoire voulant qu'un homme ait coupé avec des ciseaux le foulard islamique d'une jeune fille de onze ans, la semaine dernière, était non fondée.

La police de Toronto a indiqué lundi que l'histoire voulant qu'un homme ait coupé avec des ciseaux le foulard islamique d'une jeune fille de onze ans, la semaine dernière, était non fondée.

Le Service de police de Toronto a mené son enquête sur ce qui était alors considéré comme un crime haineux: elle conclut aujourd'hui que les allégations n'étaient pas fondées, et annonce que son enquête est maintenant close. Aucune accusation ne sera par ailleurs portée contre la jeune fille.

L'affaire avait fait le tour du pays, vendredi, et même les premiers ministres Justin Trudeau et Kathleen Wynne ont condamné le geste.

«Nous avons mené notre enquête, récolté un nombre important de preuves, et nous concluons que ce qui a été raconté n'est pas arrivé», a indiqué lundi le porte-parole de la police, Mark Pugash.

 

La jeune Khawlah Noman a soutenu la semaine dernière qu'en se rendant à l'école avec son frère cadet, un homme qui les suivait avait baissé le capuchon de son manteau et avait commencé à couper le bas de son hidjab. Elle a raconté que l'agresseur avait pris la fuite, mais qu'il était revenu un peu plus tard et avait recommencé son manège. La jeune fille soutenait que l'agresseur lui avait finalement souri avant de s'enfuir.

 

Les enquêteurs n'ont pu déterminer comment toute cette affaire s'est rendue jusque-là, mais M. Pugash ne croit pas qu'il revienne maintenant aux policiers de le découvrir. Selon lui, il est «très rare» que des citoyens fassent de fausses allégations de ce genre, mais il espère que cet incident ne découragera pas de futures dénonciations.

L'organisme Ahmadiyya Muslim Jama'at Canada a lui aussi exprimé les mêmes sentiments, tout en admettant que ce genre d'incident risquait de provoquer des réactions hostiles envers les musulmans. «Même si cet incident n'a pas vraiment eu lieu, souvenons-nous qu'il y a quelques années, une mère musulmane s'était fait battre brutalement à Toronto alors qu'elle conduisait ses enfants à l'école», explique toutefois Safwan Choudhry, porte-parole de l'association.

À la suite de cette présumée agression survenue en 2015, la police avait indiqué que la dame avait été frappée et que son cellulaire avait été volé par deux hommes, avant qu'elle ne puisse trouver refuge à l'école.

Soulagement

Plusieurs de ceux qui avaient dénoncé l'agression, la semaine dernière, ont poussé un soupir de soulagement, lundi. Le premier ministre Trudeau n'a pas voulu commenter précisément les résultats de l'enquête policière, mais il a estimé qu'il existait néanmoins une tendance lourde en matière de crimes haineux contre les minorités religieuses, particulièrement contre les femmes, et que ce phénomène devait être combattu.

«Nous devons aborder cette question de façon très, très, très sérieuse, et les tendances que nous observons (...) constituent l'un des signes précurseurs de l'intolérance», a-t-il dit. «Nous sommes un pays qui protège la liberté de religion, la liberté d'expression, le droit d'aller à l'école sans vivre dans la crainte ou sans être intimidé - cela fait partie de nous», a-t-il soutenu.

«Je joins ma voix à celles des Ontariens qui sont reconnaissants et soulagés d'apprendre que cette agression n'a pas eu lieu», a pour sa part commenté lundi la première ministre Wynne, tout en remerciant les policiers pour leur travail.

Le maire de Toronto, John Tory, a défendu la célérité de sa réaction de vendredi dernier. Il a promis de parler haut et fort «chaque fois qu'il y aura des reportages ou des allégations de cas de haine ou d'intolérance dans notre ville».

«C'est bien d'apprendre que ça n'est pas vraiment arrivé, a-t-il indiqué dans un communiqué. Nous devons tous demeurer vigilants dans la lutte contre la haine, le racisme, le sectarisme, l'antisémitisme et l'islamophobie, pour s'assurer que notre ville demeure un espace inclusif.»

Un porte-parole du Conseil scolaire de Toronto s'est aussi réjoui, lundi, que l'agression n'ait pas eu lieu véritablement. Le Conseil avait offert son aide et son soutien à la présumée victime, à sa famille et aux autres élèves.